J’aime le Laos

Je suis arrivée au Laos avec beaucoup d’attentes. Les voyageurs que j’ai croisé sur ma route sont tous, sans exception, tombés en amour avec ce pays. Dès ma sortie de l’avion, j’ai su que j’allais aimer le Laos.

D’abord l’aéroport. Tout petit. Un minuscule formulaire à remplir pour obtenir le visa. Un douanier souriant qui ne me pose aucune question. Je me suis dit que ça allait se gâter à la sortie. Il y a rarement quelque chose que je déteste plus que de sortir d’un aéroport ou d’une station de train/autobus, encombrée de mes deux sacs à dos, la plupart du temps affamée, fatiguée et suintante. On a l’impression d’être une proie facile pour les méchants vautours qui vous crient après, tentent d’empoigner votre sac et vous suivent à la trace jusqu’à ce que, de guerre lasse, vous preniez le premier taxi venu et inévitablement, vous vous faites rouler.

Mais rien de tout ceci n’est arrivé quand je suis sortie de l’aéroport de Luan Prabang. Besoin d’un taxi? Facile. Il y a un petit kiosque. On vous demande où vous allez. Vous payez. Le chauffeur de taxi est souriant et prend même gentiment votre sac. Tout au long du trajet, il se fait un plaisir de vous montrer les attractions de la ville.

J’étais déjà assez impressionnée, quand je suis arrivée à l’hôtel. Comme c’est la basse saison, il n’y a pas beaucoup de monde. J’ai eu droit à une chambre privée, au lieu du dortoir que j’avais réservé.

Le lendemain, c’était jour de marché. Tout le long de la rue principale, les kiosques s’étendent à perte de vue. Ce qui est bien avec les marchés, c’est qu’on a l’occasion de prendre le pouls de la population. Ici, on mange beaucoup d’oeufs durs. Il y a toujours un vendeur pas très loin, qui fait bouillir le tout sur un réchaud de fortune. Les enfants aiment particulièrement les oeufs de caille. Tous les petits garçons ont des fusils-jouets. Partout, des vendeurs de ballons Angry Bird. Les femmes se promènent avec des parapluies pour se protéger du soleil. Souvent, ce sont les hommes qui portent les bébés, dans un tissu à carreaux. Et il n’est pas rare de voir plusieurs d’entre eux déambuler bras-dessus, bras-dessous.

Je suis allée marcher sur les rives du Mékong. Ses eaux me font penser à du lait au chocolat. On a le goût d’en prendre une grande gorgée. Inutile de mentionner que ce n’est absolument pas recommandé.

La chose qui m’a le plus frappé, c’est l’absence totale de klaxons. Après près d’un mois à se faire klaxonner à toutes les deux secondes, ça fait un bien fou aux oreilles.

Samedi, à Luan Prabang, c’était jour de fête. Je me suis levée aux aurores, question d’assister à la cérémonie des offrandes aux moines. Ici, à chaque matin, la population se masse dans les rues afin d’offrir aux moines de la ville nourriture, argent et recevoir leur bénédiction. C’était étrangement émouvant de voir les moines défiler, dans leur sarong orange, et tendre leur sac pour recevoir leur ration.

En après-midi, on a assisté à des courses de bateaux. La foule était en délire. Ça chantait. Ça jouait du tambour. Vraiment très impressionnant. C’est l’équipe aux chandails orange et vert qui a gagné. Ils ont défilé dans les rues avec ce qu’on croit être leur trophée.

Le soir, on a été prendre un verre. C’est là qu’on s’est aperçu qu’au Laos, il y a un couvre-feu. Tout doit fermer à 23h30 pour permettre aux locaux de rentrer chez eux avant minuit. On excuse un peu les touristes, mais comme il n’y a absolument rien à faire, on rentre quand même à l’hôtel. Officiellement, ce couvre-feu vise à lutter contre l’alcoolisme des jeunes. Ça ne marche pas tellement, étant donné que ceux-ci commencent à boire juste plus tôt dans la journée.

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec les éléphants. Nous sommes allés dans un village pour faire un trekking. C’est très haut un éléphant. C’est dur de se tenir sur son cou. Ça a de drôles de petits poils rêches sur le coco. J’aime les éléphants.

On s’est promené en bateau sur le Mékong, jusqu’à une belle cascade. Elle traverse les bois. Je me suis fait kidnapper par un groupe de chinoises en délire qui voulait absolument prendre des photos avec moi. C’est vraiment étrange comme pratique. J’imagine le retour à la maison: « Ça, c’est une photo de moi avec une parfaite étrangère. C’était une blanche qui avait l’air d’avoir trop chaud. » Et moi, sur la photo, l’air mal à l’aise, toujours un peu raide, parce que franchement, c’est trop bizarre. Ça se passe toujours de la même façon. D’abord une photo de groupe. Ensuite des photos individuelles. Sauf qu’habituellement, les Chinois voyagent en groupe. Quand ça fait 30 photos que tu fais, tu penses à fixer un prix.

Demain, on descend vers le sud, direction Vang Vieng.

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